Les sanctions annoncées par les États-Unis contre l’armée rwandaise et quatre de ses officiers, accusés de soutenir la rébellion du M23 dans l’Est de la République démocratique du Congo, continuent de susciter des réactions à Kinshasa.
Pour le député national élu de Mwenga, au Sud-Kivu, Trésor Lutala Mutiki, ces mesures constituent une reconnaissance internationale claire de l’agression dont la RDC se dit victime.
Intervenant sur TV5MONDE, l’élu du Sud-Kivu n’a pas caché sa satisfaction.
« C’est un sentiment de joie, parce qu’aujourd’hui le monde entier, à travers les États-Unis, a compris que nous sommes agressés par le Rwanda », a-t-il déclaré, saluant ce qu’il considère comme « une victoire diplomatique » portée par les autorités congolaises au plus haut niveau de l’État.
Pour Trésor Lutala Mutiki, ces sanctions – qui impliquent un gel des avoirs aux États-Unis et l’interdiction de toute transaction avec des entités américaines – valident des mois de dénonciations sur le soutien présumé de Kigali au M23, actif dans l’Est du pays. Il estime que cette décision renforce la position de la RDC sur la scène internationale et conforte les revendications de justice des populations meurtries du Nord et du Sud-Kivu.
Mais le député va plus loin. S’il salue les mesures visant des responsables rwandais, il plaide également pour des sanctions ciblées contre les chefs rebelles du M23 eux-mêmes, qu’il accuse de continuer à « tuer, piller et faire du mal aux Congolais ». À ses yeux, la cohérence de la communauté internationale exige que les auteurs directs des exactions ne bénéficient d’aucune indulgence diplomatique.
C’est dans ce contexte que l’élu de Mwenga réaffirme la pertinence de sa proposition de loi visant à interdire l’accès aux institutions de la République aux chefs rebelles et aux responsables de groupes armés impliqués dans des crimes graves. Pour Trésor Lutala Mutiki, les cycles répétés de rébellions suivies d’intégrations politiques ou militaires sans véritable reddition de comptes ont contribué à fragiliser durablement l’État.
Selon lui, permettre à des dirigeants de mouvements armés d’occuper des fonctions publiques, sans qu’ils aient répondu de leurs actes devant la justice, revient à institutionnaliser l’impunité. Sa loi entend donc poser un principe clair : nul ne peut prétendre gérer la chose publique après avoir pris les armes contre la nation et participé à des violations des droits humains.
Les sanctions américaines, analyse-t-il, démontrent que la communauté internationale reconnaît désormais la gravité des faits reprochés. Dès lors, la RDC se doit, en interne, d’adopter un cadre légal cohérent qui protège ses institutions contre toute infiltration par des acteurs armés.
Au-delà de la satisfaction diplomatique, l’intervention du député sur TV5MONDE marque ainsi une offensive politique : transformer le contexte international favorable en réforme structurelle. Pour Trésor Lutala Mutiki, la paix durable dans l’Est ne passera pas seulement par des sanctions extérieures, mais aussi par une refondation morale et juridique des institutions congolaises.







