La jeunesse congolaise refuse de rester silencieuse face à la gestion de la res publica. Consciente de son poids démographique et de sa responsabilité historique, elle veut absolument s’imposer comme un acteur central au débat démocratique du pays.
C’est dans cette optique qu’elle a activement participé au lancement de la campagne citoyenne dénommée « La Jeunesse parle Constitution ». La cérémonie officielle dudit lancement a eu lieu le vendredi 15 mai au Centre culturel et artistique des pays d’Afrique Centrale.
C’est l’acteur politique et membre de l’Union sacrée de la nation (USN), Serge Etinkum Anza, qui a personnellement lancé cette campagne, laquelle a connu la présence remarquable des leaders des jeunes, des leaders des étudiants de plusieurs alma mater, des scientifiques, des autorités publiques, des acteurs de la société civile ainsi que de la population lambda.
Cette campagne marque un tournant décisif dans la réappropriation des textes fondamentaux qui régissent la RDC par les jeunes, lesquels sont bien décidés à faire entendre leur voix.

Éveil de la jeunesse face aux défis de la gouvernance
Pendant longtemps, les débats constitutionnels et la gestion publique en RDC ont été perçus comme un domaine exclusif de la vieille classe politique. Aujourd’hui, la rupture est consommée.
À travers « La Jeunesse parle Constitution », les jeunes Congolais sortent de la passivité pour exiger de la transparence, de la redevabilité et le respect strict des lois de la République.
Il s’agit d’une initiative partisane, mais profondément civique. Elle ambitionne de vulgariser la Constitution auprès de toutes les couches de la population, souvent éloignées des réalités juridiques, afin que chaque citoyen devienne le gardien des institutions.
Aussi : éduquer, débattre et surveiller.
La campagne se déploie autour de trois axes stratégiques majeurs :
- La vulgarisation de proximité : traduire et expliquer les articles clés de la Constitution dans les langues nationales ;
- Organiser des tribunes d’expression libre dans les universités, les quartiers et sur les réseaux sociaux.
Dans son discours, Serge Etinkum a indiqué que le moment est venu pour que la jeunesse réfléchisse sur une nouvelle Constitution.
« Cette loi fondamentale est très loin d’être parfaite. 20 ans après, il est temps de penser à apporter une correction aux anomalies constatées ou simplement de penser à écrire une nouvelle Constitution. Encore faut-il que les véritables enjeux prennent le pas sur la personnalisation du débat politique », a souligné Serge Etinkum Anza.
Il a estimé que :
« Les débats institutionnels en République démocratique du Congo ne doivent pas être abordés sans la participation de la jeunesse congolaise. »
Ce membre de l’Union Sacrée de la Nation a précisé que cette initiative est portée par la volonté de renforcer la participation citoyenne des jeunes aux grandes décisions nationales, et ambitionne de créer un espace d’expression, de dialogue et de proposition autour des enjeux constitutionnels et institutionnels de la RDC.

Une campagne structurée en quatre grandes phases
Cette campagne repose sur quatre grandes phases, à savoir :
1. Sensibilisation et information
Cette première étape visera à vulgariser la Constitution, expliquer son rôle fondamental et éclairer les citoyens sur les enjeux du débat en cours.
Elle comprendra notamment :
- des capsules vidéo pédagogiques ;
- des infographies explicatives ;
- des émissions radio et télévision ;
- des panels universitaires.
2. Consultations citoyennes
La parole sera ensuite donnée aux jeunes à travers :
- des forums dans les universités et instituts supérieurs ;
- une caravane citoyenne organisée dans plusieurs provinces ;
- la mise en place d’une plateforme numérique de dépôt des propositions ;
- des débats communautaires dans les communes ;
- une plateforme informatique interactive accessible via WhatsApp, permettant aux jeunes de soumettre facilement leurs propositions, préoccupations et recommandations depuis toutes les provinces du pays.
Amplification médiatique
Il faut souligner ici que les meilleures contributions issues des consultations bénéficieront d’une large visibilité grâce à :
- des publications hebdomadaires ;
- des interviews de jeunes participants ;
- diverses productions médiatiques.
Les recommandations recueillies issues du forum seront consolidées lors d’un grand forum national.
Kabo Kabongo







