La population boyomaise ne sait plus à quel saint se vouer face à la flambée des prix des produits de première nécessité.
À l’Assemblée nationale, le député national Lady Yangoyikala a sonné le tocsin en révélant qu’un sac de riz se négocie désormais entre 900 000 et 1 000 000 de francs congolais, une situation devenue insoutenable pour de nombreux ménages.
Le président de l’Assemblée provinciale de la Tshopo, Mateus Kanga Londimo, est lui aussi monté au créneau en exhortant le gouvernement provincial à prendre sans délai des mesures capables d’enrayer cette spirale inflationniste qui fragilise davantage le pouvoir d’achat de la population.
Mardi, il a reçu la ministre provinciale de l’Économie afin d’évaluer les pistes de solution susceptibles d’atténuer les effets de cette crise. Mais sur le terrain, les habitants continuent de subir une hausse vertigineuse des prix.
Sur les marchés de Kisangani, le prix du riz est passé de 1 300 FC à 2 500 FC le gobelet. Les farines de maïs et de manioc se vendent désormais respectivement à 1 200 FC et 500 FC le gobelet, contre 500 FC et 250 FC auparavant. L’huile de palme suit la même tendance haussière.
Les autorités évoquent notamment la période de transition entre deux saisons agricoles ainsi que le mauvais état des routes de desserte agricole, qui complique l’acheminement des produits vers les centres de consommation.
Cependant, pour de nombreux observateurs, ces explications mettent surtout en lumière les insuffisances de l’exécutif provincial. Deux ans après son arrivée à la tête de la Tshopo, le gouverneur Paulin Lendongolia peine à présenter un bilan concret en matière de réhabilitation des routes de desserte agricole, pourtant érigées en priorité lors de sa campagne électorale.
Alors que ces infrastructures étaient présentées comme le principal levier de développement économique de la province, les populations constatent qu’aucune avancée significative n’a été enregistrée. Pendant ce temps, la détérioration des voies d’accès aux zones de production continue de renchérir les coûts de transport et d’alimenter la flambée des prix.
Aujourd’hui, la crise du coût de la vie à Kisangani apparaît comme le révélateur des limites de la gouvernance provinciale. Rattrapé par les réalités du terrain, Paulin Lendongolia est désormais confronté à une population de plus en plus exaspérée par l’inaction des autorités face à une situation qui menace directement les conditions de vie des ménages.
Les critiques visant la gestion du gouverneur Paulin Lendongolia se sont également accentuées en raison de ses fréquents déplacements à Kinshasa et à l’étranger. Présentées comme des missions de travail destinées à attirer des investissements et à promouvoir le développement de la Tshopo, ces sorties peinent jusqu’à présent à produire des résultats tangibles pour la province.
Pendant que la population fait face à une flambée des prix sans précédent, de nombreux observateurs dénoncent des voyages coûteux qui, selon eux, pèsent lourdement sur les finances provinciales à travers des frais de mission jugés exorbitants. Pour ses détracteurs, ces ressources auraient pu être orientées vers des secteurs prioritaires, notamment la réhabilitation des routes de desserte agricole, dont l’état de dégradation contribue directement à la hausse du coût de la vie à Kisangani. Nous y répondrons







