La sortie médiatique de Modeste Bahati Lukwebo sur un éventuel changement de la Constitution continue de provoquer de fortes turbulences au sein de la classe politique congolaise. Au Sénat de la République démocratique du Congo, des sources concordantes évoquent désormais le lancement d’une pétition visant sa destitution de la deuxième vice-présidence de la chambre haute.
À l’origine de la controverse, les propos du leader de l’Alliance des Forces Démocratiques du Congo et Alliés (AFDC-A), qui s’est dit ouvert à l’idée d’un débat sur la révision ou le changement de la Constitution, tout en avouant la RDC n’a pas un problème de textes mais plutôt d’hommes. Une déclaration qui a rapidement suscité des réactions contrastées dans la sphère politique, certains estimant que cette prise de position intervient dans un contexte particulièrement sensible et ne respecte guère la ligne officielle de la majorité au pouvoir.
Dans les coulisses du Sénat, plusieurs sénateurs auraient entamé des consultations pour réunir des signatures autour d’une pétition contestant le leadership de Bahati à la tête de l’institution. Même si aucune initiative officielle n’a encore été rendue publique, cette démarche traduit le malaise que ces déclarations ont provoqué dans certains cercles politiques.
Pendant que la tempête politique enfle, le silence de certains cadres de l’AFDC-A n’est pas passé inaperçu. C’est notamment le cas de Marc Ekila Likombo, ministre de la Formation professionnelle et membre du parti et proche de Bahati, qui se fait particulièrement discret depuis l’éclatement de cette polémique.
Selon plusieurs observateurs, le ministre aurait choisi de protéger son poste au sein du gouvernement en se mettant momentanément en retrait en privilégiant son proximité à l’église Philadelphie, connue pour être le lieu de prière fréquenté par le président Félix Tshisekedi et dirigée par Roland Dalo, un pasteur réputé proche du chef de l’État. Une attitude interprétée dans certains milieux politiques comme une manière de prendre ses distances face à la controverse qui secoue actuellement son autorité morale et laisser Bahati couler lui-même.
Dans un pays où la question constitutionnelle demeure extrêmement sensible, toute prise de position sur ce sujet ravive immédiatement les tensions politiques et les calculs stratégiques au sein de la majorité comme de l’opposition.
Reste désormais à savoir si la pétition annoncée au Sénat aboutira réellement et quelles pourraient être ses conséquences politiques pour Modeste Bahati Lukwebo, dont le poste à la chambre haute semble aujourd’hui fragilisée par cette nouvelle polémique.







