La suspension d’Alain Lungungu Kisoso, coordonnateur de la Cellule d’Exécution des Financements en faveur des États Fragiles (CFEF) en RDC, suscite une vive controverse juridique. Ses avocats sont montés au créneau, dénonçant une décision entachée d’irrégularités et appelant à sa réhabilitation immédiate.
Contexte de la suspension
Le ministre des Finances a suspendu Alain Lungungu Kisoso par l’arrêté n°030/CAB/MIN/FINANCES/2026 du 13 avril 2026.
Cette décision est motivée par des faits présumés de mauvaise gestion et de contre-performance dans l’exécution du Programme de Développement Local des 145 Territoires (PDL-145T).
Une décision contestée sur la forme
Les avocats de la défense dénoncent une violation des principes fondamentaux du droit administratif.
Ils reprochent notamment :
- l’absence de procédure contradictoire
- le défaut d’information préalable de leur client
- l’impossibilité pour ce dernier de présenter sa défense
Selon eux, la suspension a été décidée sans respect des règles élémentaires de justice.
Des accusations jugées infondées
Sur le fond, la défense rejette catégoriquement les accusations de sabotage du programme et de conflits d’intérêts.
Elle affirme que ces faits ont déjà été examinés par la justice et classés sans suite en décembre 2025, faute de preuves.
Le cabinet Ilaka, représentant Alain Lungungu, évoque même une « chasse aux sorcières » et a introduit un recours visant à obtenir l’annulation de l’arrêté ministériel.
Des audits jugés conformes
Concernant les soupçons de détournement et de corruption, les avocats parlent d’accusations non étayées.
Ils soulignent que :
- plusieurs audits (Cour des comptes et cabinets indépendants) ont été réalisés
- les rapports des exercices 2022, 2023 et 2024 n’ont relevé aucune irrégularité
La défense insiste également sur la régularité des procédures de passation des marchés publics liés au PDL-145T, menées selon la législation en vigueur.
Des résultats revendiqués
Sur le plan opérationnel, la défense met en avant les performances du programme :
- environ 60 % des ouvrages prévus réalisés au 31 mars 2026
- aucune anomalie signalée dans les projets financés par la Banque africaine de développement (BAD)
- aucune plainte enregistrée à ce jour concernant ces financements
Elle conteste également certaines mesures prises dans la gestion de l’intérim, jugées non conformes aux procédures internes.

Une affaire désormais judiciaire
Au regard de ces éléments, les avocats estiment que les accusations portées contre leur client ne reposent sur aucune preuve vérifiable et demandent sa réhabilitation.
La bataille pour la direction de la CFEF se déplace désormais sur le terrain judiciaire, dans un contexte de forte exigence de transparence autour de la gestion des fonds du PDL-145T.
Réactions et controverses
La décision du ministre a suscité de nombreuses réactions, notamment sur les réseaux sociaux.
Plusieurs observateurs dénoncent :
- un manque de transparence
- une procédure jugée précipitée
- des soupçons de motivations politiques
D’autres appellent au respect de la présomption d’innocence et à une clarification du rôle des institutions impliquées dans cette affaire.
✍️ La Rédaction







