La ville de Goma a été le théâtre d’une mobilisation populaire visant à exiger le départ du mouvement rebelle M23 de la ville et de l’ensemble des territoires qu’il occupe. Cette action, initiée et conduite par Sankara Bin Kartumwa, chef des manifestants et figure de la mobilisation citoyenne, s’inscrit dans un contexte marqué par de fortes restrictions des libertés publiques et une répression accrue.
Malgré les interdictions imposées et la surveillance renforcée, la population de Goma a tenu à exprimer son rejet de l’occupation du M23. Si les manifestations visibles sont restées limitées, plusieurs formes de protestation pacifique ont été observées, traduisant une volonté populaire persistante de faire entendre la voix des citoyens.
Selon des sources locales, la veille de la marche, plus de 70 jeunes ont été arrêtés arbitrairement à Goma. Ces arrestations auraient eu lieu dans la soirée, aux alentours de 21h25, sous prétexte que les personnes interpellées étaient en contact téléphonique avec des individus appelant à la manifestation. Les organisateurs dénoncent une atteinte grave aux libertés individuelles, rappelant que le simple fait de posséder un contact ne constitue pas une preuve de participation à l’organisation d’une manifestation.
S’exprimant sur la situation, Sankara Bin Kartumwa, chef des manifestants, a condamné ces arrestations et réaffirmé le caractère pacifique de la mobilisation, soulignant que la population exerce un droit fondamental : celui d’exprimer son opposition à l’occupation et de réclamer le respect de sa dignité et de sa souveraineté.
La mobilisation a également suscité un élan de solidarité au-delà de Goma. À Butembo, plusieurs jeunes ont exprimé leur soutien aux manifestants. Contacté par téléphone, Musa Kasereka a salué cette initiative citoyenne : « Je suis satisfait de voir les jeunes de Goma se lever. C’est la voix des opprimés qui s’élève pour défendre les sans-voix. Cette mobilisation permettra d’attirer l’attention de la communauté internationale et des décideurs de ce pays longtemps meurtri. »
Depuis février 2025, la population de Goma vit sous l’occupation du M23, une situation qui, selon plusieurs acteurs locaux, limite l’exercice normal des droits fondamentaux. Malgré la répression et les intimidations, l’esprit de mobilisation demeure présent au sein de la population, qui continue de revendiquer une solution pacifique et durable à la crise.







