La conférence inter congolaise organisée du 3 au 6 septembre prochain par la fondation de l’ancien président sud-africain Thabo Mbeki s’annonce comme un moment fort de dialogue entre les acteurs politiques, religieux et civils de la RDC. La présence de figures emblématiques telles que Joseph Kabila, Moïse Katumbi, Corneille Nangaa, Thomas Lubanga, Vital Kamerhe et Eberande Kolongele témoigne de la volonté d’inclure des voix diverses, parfois antagonistes, dans la recherche d’une paix durable. Cependant, un déséquilibre préoccupant se dessine dans la composition des délégations religieuses. Une représentation religieuse trop sélective La participation exclusive de la CENCO (Conférence épiscopale nationale du Congo) et de l’ECC (Église du Christ au Congo) soulève des interrogations. Bien que ces deux institutions soient historiquement influentes et souvent perçues comme les porte-voix moraux du pays, elles ne sont pas les seules à œuvrer pour la paix. Des organisations religieuses, comme le Conseil interreligieux congolais (CIC) dirigé par l’archevêque Dodo Israël Kamba, très actif dans les initiatives de sensibilisation à la paix, sont absentes de la liste des invités. Cette omission est d’autant plus regrettable que Dodo Kamba incarne une approche différente, parfois critique vis-à-vis des positions de la CENCO et de l’ECC, ce qui enrichirait le débat et permettrait une pluralité de perspectives. Urgence d’un équilibre confessionnel Dans un pays aussi spirituellement diversifié que la RDC, limiter la représentation religieuse à un tandem aussi homogène risque de biaiser les discussions. La paix ne peut être construite sur une vision univoque. Associer d’autres confessions religieuses permettrait de mieux représenter les sensibilités réelles du terrain, d’éviter une monopolisation du discours religieux, de renforcer la légitimité des conclusions issues de la conférence, de créer un climat de confiance entre les différentes communautés et même de renforcer la transparence, lavant ainsi le tandem CENCO-ECC de tout soupçon.

Vers une médiation inclusive Si la Fondation Thabo Mbeki souhaite réellement favoriser un dialogue intercongolais porteur de solutions, elle gagnerait à élargir son cercle d’invités. La paix ne se décrète pas, elle se construit avec toutes les voix, même celles qui dérangent ou qui proposent une autre lecture du conflit. Cette conférence pourrait être un tournant, à condition qu’elle ne devienne pas un huis clos entre certaines élites politiques et religieuses.







